Je quitte la route du sud, trop chaude et prends la route au nord en direction des montagnes.

La piste est trés roulante et je passe une belle journée dans un enchainement de paysages à couper le souffle.

Mongolie 362

Mongolie 363

Je m arrête souvent, je me pose dans l'herbe et je profite de la vue. Je me tiens à un kilométrage raisonnable et recupère des deux journées précédentes éprouvantes.

Au sommet d un col, une moto arrétée, en panne. Deux hommes. Cas de figure fréquent en Mongolie, vous l'avez compris. Le conducteur essaie vainement de faire démarrer sa Planeta 4, fabriquée en Russie dans les usines kalachnikov, l'autre a trop de vodka dans le sang pour faire grand chose d'utile.

Je dévisse la bougie, passe un coup de brosse dessus, revisse, un coup de kick et roule ma poule !  Ca t'en bouche un coin Didier ! Le passager arrière me sourit béatement en louchant pendant que la moto s'éloigne. "Faites quand même gaffe les gars !!"

Je tente de passer un coup de fil à Corinne, incroyable, ça passe. Elle est a Plogoff en train de m'écrire justement un petit mail. Je suis dans une prairie d'edelweiss, elle vient d'acheter des crèpes de blé noir. Juxtaposition de mondes differents.

J'amorce la descente vers Uliastay. A nouveau j'arrive en pleine fête du Naadam. Beaucoup plus de monde cette fois. Dans la foule circulent de nombreux cavaliers, des motos locales, des 4x4, des moutons, quelques chameaux. Un brouillard de poussière enveloppe les festivités. Bleuette attire tous les regards et bien plus. Les mongols regardent avec les mains. Il est arrivé qu'il y ait plus de 40 mains en même temps sur la moto. Tous les hommes veulent monter dessus. Certains dans un état tres avancé d ébrieté. La moto est haute et pèse 220 kg avec ses bagages. Une chute, même à l'arret peut trés vite mal tourner pour l'imprudent. Je sauve la mise in extremis à deux ou trois fiers à bras.

Mongolie 366

Une averse rapide, la poussière retombe.

Beignets au mouton sous une yourte, servis par Ayoun tchimik, beauté mongole à qui je ne cesse de redemander un petit beignet supplémentaire (pour d'autres raisons que la faim). Quand je n'en peux plus  de manger des beignets, je rejoue le scénario avec le thé au beurre salé. Une heure plus tard, nauséeux mais le rose aux joues, je quitte la fête.