Dernier franchissement de La Volga, direction le Kazakhstan. Pensée émue pour la gentillesse des Russes pendant ces derniers jours. Je repasse par la Russie, dans 15 jours avant la
Mongolie et je suis ravi.

3h de papiers pour franchir les 2 douanes. Les motos ont un petit privilège, elles peuvent remonter la file de voitures qui font la queue. Et ce n'est pas un détail car ce p..... de vent souffle plein pot et les 3h se passent dans une presque tempète de sable, donc dehors en ce qui me concerne. La croisière s'amuse un peu moins que d'habitude. J'ai encore du sable entre les dents.

Je repars avec 60km/h de vent de face, puis la route tourne un peu et je suis à nouveau obligé de reprendre un peu d'angle. Parfois, le vent, les nids de poule et moi ne sommes pas d'accord sur la trajectoire idéale. Je comprends vite que c'est trés casse gueule et ralentis. Je retrouve avec la moto la complicité de l'Afrique. C 'est vrai qu'aller chercher la baguette à Vernoux ou boire le gorgeon à Chalencon ne crée pas le mème lien.

Premiers chameaux de Bactriane, des vaches, des chevaux...

Me voilà à Atirau. Tant que le fer est chaud et que je suis dans mon jus, je m'occupe de la vidange. 3 opérations sont nécessaires : tomber le mano de l'amortisseur arrière pour accéder au filtre à huile, virer le flanc gauche pour purger la réserve d'huile, et dévisser le bouchon du carter sous le sabot. Dans un petit garage, à 5 autour de la moto, c'est réglé en une demi heure. Le patron me dit que c'est gratuit. Huile, main d'oeuvre et le coup à boire. Ca a fait une récréation sympa à toute son équipe et ils sont contents de m'aider pour la grande traversée. J'ai vaguement compris que le football français les faisait bien rigoler. Il va falloir qu'on m'explique, je ne sais rien.

Je file dans le centre. Ca y est, le visage bridé l'emporte désormais nettement sur le caucasien. Je dégotte un petit hotel pour locaux, prends une douche, mets des vètements clean mais au repassage trés moyen (genre chiffons) et vais squatter le business center du Marriot pour remplir le blog. Les grooms, persuadés que je suis là pour affaires m'ouvrent les portes. Il faut que je m'éclipse avant d'ètre repéré. Vu mon look, le subterfuge est un peu mince.

Demain, baptème du feu : il n'y a plus de goudron et la chaleur est insupportable. Ne sachant pas trés bien où je vais me poser, il va falloir que j'emmène mon petit manger, de l'eau, de l'essence et mes deux bidons noirs, accolés aux valoches alu vont servir à quelque chose.

Mongolie 119

J'ai trois heures d'avance sur l'heure française.

Parfois j'ai peur, parfois je me dis que j'ai passé l'age, parfois je me dis que c'est ma nature d'être comme ça.

Mais plus j'avance, moins je me dis de choses, je fais face. Point. Ca fait au moins un truc de reposant .